lundi 18 mai 2015

Mon premier trail de 24 km sur Les Sentiers de la Hague

Wow ! 
Que dire. 
Tellement de choses. 
Ou plutôt, tellement de choses se sont ressenties sur ce parcours trail de 24 km de la 28ème édition des Sentiers de La Hague, des choses sur lesquelles il n'est pas si facile de mettre des mots en fin de compte.

7h15 dimanche matin...
C'est la première fois que je m'attaquais à cette distance sur un trail, et que je m'attaquais à cette distance tout court d'ailleurs : ma plus longue distance à ce jour ayant été les 3 x 21.1km des semi-marathons du Val de Saire, de Barcelone et de Paris.
L'inscription pouvant se faire sur place, j'ai décidé de ma participation sur le tard, j'ai hésité (je me suis posée encore des tas de questions inutiles (et tiens, la claclaque qui remet un peu en place)) et puis il faut dire que beaucoup de choses allaient dans le sens où je serai finalement de la partie : des conditions météo annoncées parfaites, les trois jours d'avant à se reposer, la bonne idée d'avoir posé sa journée de lundi pour s'en remettre si jamais ça ne passait pas,...



Alors, go ! Fini de discutailler, on y va, un point, c'est tout ! 


Ce trail de 24 km annonçait un dénivelé de 550 mètres. Pour les novices, cela signifie, point de vue difficulté, qu'il faut ajouter 1 kilomètre à la course pour chaque 100 mètres grimpés. Je vous laisse faire le calcul... C'est en cela qu'un parcours trail est très différent d'un parcours de course à pied classique, ce premier est bien plus technique, et donc plus difficile...



Départ donné depuis Le Manoir du Tourp à Omonville-La-Rogue
En vrac, ce que j'ai aimé et ce que j'ai éventuellement moins aimé : 

J'ai aimé
  • Le parcours : mais oui, "Les Sentiers de la Hague" ! On ne peut rêver mieux comme terrain de jeux, ça monte beaucoup, ça descend beaucoup moins (on a un peu toujours cette impression en tout cas), on traverse des sous-bois ombragés, feuillus, très verts, remplis de gadoue pour certains (les chaussures et chaussettes en ressortiront marrons jusqu'aux chevilles à deux reprises) et surtout, régulièrement, on a la mer en toile de fond, ça sent la mer, et ça, c'est presque mieux qu'un carré de chocolat du ravito pour te redonner une vraie bouffée d'oxygène.
ça grimpe ! 
  • Le premier ravitaillement après 1h15 de course, soit à 12 kilomètres. On s'arrête deux petites minutes, on boit de la menthe, de la grenadine, mange des abricots secs, du chocolat et on repart. J'ai la frite, on est à mi-parcours, les sensations sont bien là, qu'est qu'on est bien.
  • Le 14ème kilomètre. La grosse surprise du parcours : mon mari est là avec fiston, je suis contente et je suis fière de lui dire que j'en suis à 14 et que tout va bien. Je m'arrête un peu, on marche vite tous ensemble, on discute et hop, je repars : on va entrer sur le sentier des douaniers qui longe la mer, c'est le moment du parcours que j'attendais avec impatience tellement le paysage qui s'offre à nous est magnifique : des sentiers rocailleux à flanc de petites falaises qui plongent dans la mer.
  • Le monsieur en tee-shirt jaune. Ben oui, c'est bête mais on prend des repères sur une course, et qui plus est lorsque tu prévois de courir pendant environ trois heures (et puis que tu sais pas trop ce qui t'attend). Avec ce monsieur, on s'est doublé, on s'est rattrapé au départ et puis finalement, il est resté devant moi, à environ 200 mètres jusqu'à la fin de la course. Et jusqu'à la fin de la course, c'était un peu mon baromètre, quand il allait un peu moins vite dans cette côte, j'allais un peu moins vite, quand il redécollait, je redécollais, et ainsi de suite.

Ce que j'ai moins aimé

  • Le sentier des douaniers. Oui, pourtant je l'attendais cette portion du parcours mais c'était sans compter sur les randonneurs qui étaient nombreux à avoir répondu présents aux marches que proposaient également les organisateurs des Sentiers de La Hague. Pendant quelques 6 kilomètres, il a fallu composer avec les marcheurs sur ces sentiers escarpés et ce n'était franchement pas très confortable. Mon point fort : je souffle comme un cheval quand je cours, les randonneurs n'avaient donc aucun mal à entendre qu'il y avait un truc pas normal qui se pointait derrière eux et qu'il fallait mieux qu'ils se garent vite fait.
  • Les douleurs inconnues. En se lançant sur cette nouvelle distance, je ne savais pas à quoi m'attendre c'est certain et j'ai découvert de nouveaux maux, notamment des douleurs sous le pied gauche à partir du kilomètre 18 (genre, j'avais l'impression de courir sur la caillasse nu-pieds) ou bien une crampe dans ce même pied au kilomètre 22...

J'en oublie certainement, tellement de sensations pour cette nouvelle étape franchie dans le trail.

Quelle préparation pour cette nouvelle étape ?
J'ai la chance de vivre dans un coin presque jamais plat : le Cotentin, ce sont des montées et des descentes à tous les chemins, ce sont des dunes, ce sont des plages, tous ces terrains variés qui font qu'on a la chance de se préparer sur des parcours diversifiés, une diversification idéale pour sa préparation physique. 
Jusqu'alors, je n'avais osé m'attaquer qu'à des distances de 15 kilomètres lors de courses trail officielles. Souvenez-vous, ma première course trail officielle s'était faite à Cherbourg, puis un trail bien boueux et glissant, et un peu montant, suffisamment pour te fatiguer les jambes près de chez moi. Et c'est en participant une nouvelle fois à ce dernier trail le 1er mai dernier que l'idée a germé dans ma tête : un an après, je bouclais ce trail en 18 minutes de mieux par rapport à l'année d'avant (1h25 en 2015 contre 1h43 en 2014), j'avais encore une bonne tête et la pêche en fin de course alors pourquoi ne pas essayer plus loin ? On essaie, on verra si tes deux à trois entraînements hebdomadaires peuvent suffire ou s'il faudra que tu augmentes la cadence pour la Barjo, le trail le plus "barge" de Normandie qui a lieu les 20&21 juin prochains.

Et le régime alimentaire ?
J'aime manger et j'aime boire aussi. Il n'y a rien de plus convivial que de raconter sa journée autour d'un bon verre de vin. Mais bien sûr, j'essaie aussi de faire attention à ce que j'ingurgite. Pas seulement les jours précédents une course, mais tout au long de l'année. On achète fruits et légumes de saison, des féculents complets, je fais mon pain plus souvent aussi avec des farines plus riches nutritionnellement,.. J'avais déjà un peu parlé de tout ça par ici.


Conclusion de ce premier 24 km
Une nouvelle étape franchie qui te laisse beaucoup dans les nuages. C'était franchement bien, les cinq derniers kilomètres n'ont pas été une partie de rigolade mais encore une fois le parcours était très motivant, il faisait beau, il y avait beaucoup de monde et j'allais réussir à le terminer ce trail au dénivelé costaud !
Merci à tous les organisateurs et les bénévoles des Sentiers de La Hague qui ont contribué largement au succès de cette 28ème édition et au plaisir de revenir l'année prochaine.

C'est donc avec un temps de 2h49mn et 53 secondes que je franchissais la ligne d'arrivée de ces 24.75 kilomètres.

à J+1, j'ai su me lever correctement de mon lit, les jambes sont un peu lourdes, les bonnes courbatures me rappellent que les cuisses ont vraiment bien bossé, de même que les abdos et comme toujours après une course, j'ai ce sourire niais qui va me suivre pendant quelques jours...

Bref, on s'y recolle le 21 juin prochain !

Elle est pas belle la vue ?
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6 commentaires:

  1. C'est le compte rendu de course que j'attendais impatiemment! Félicitations tout d'abord!
    Une petite question me taraude en vue de la préparation de la barjo... Bien que ce soit propre à chacun, saurais-tu me dire dans quelle mesure tu allonges ton temps de course pour préparer un temps d'effort supérieur à celui de l'entrainement? J'en suis à 2h, je compte pousser une sortie plus ou moins en randocourse à 3h mais pas plus.
    A très vite!

    Aurélie
    hereicomerimouski.blogpost.com

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  2. Merci Aurélie ! Ecoute, si ça peut te rassurer, je n'avais jamais couru aussi longtemps, le plus longtemps que j'avais couru, c'était lors de mon premier semi, soit 2h11 et c'était en juin dernier ! Pour être préparée, j'aurais tendance à dire qu'il vaut mieux courir plus régulièrement les semaines précédent la course (ajouter par exemple une sortie hebdomadaire) et tâcher d'opter pour un parcours plus difficile, plus pentu. Pour la Barjo, me concernant, je vais allonger de quelques kilomètres ma SL du week-end (17/18km au lieu de 13/14) et j'ai la chance d'aller pouvoir aussi m'entraîner sur le parcours de la Barjo 15 jours avant, histoire d'être encore plus familiarisée avec ces grosses et longues côtes propres à La Hague. Quelques jours avant le 21, mange beaucoup de féculents et moins de légumes verts et hydrate-toi beaucoup, plus que d'habitude en tout cas. Et sinon, j'avais une ceinture sur ce trail des Sentiers de La Hague, je pense qu'il est aussi très important de pouvoir courir en autonomie, histoire de s'hydrater et de manger un petit morceau quand on sent que ça pourrait commencer à flancher, je te conseille aussi cela, ne te cantonne pas seulement aux ravitaillements. Bonne prépa et au plaisir de te rencontrer le 21 juin :-)

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    1. Effectivement ça me rassure! Merci de la réponse si complète. Pour le moment j'ai allongé le temps de course et dès jeudi je file travailler un peu le dénivelé sur sortie longue. La semaine prochaine je vais à l'anse du brick et je vais en profiter pour m'entrainer du côté du Nez de Jobourg avec mon copain qui m'accompagnera sur la Barjo. Je ferai une dernière grosse sortie là bas histoire de voir un peu ce qui m'attend et emprunter un petit bout du parcours du 21. Pour l'alimentation, je prends les conseils! J'ai acheté un camelback et je m'habitue à boire en course, j'ai aussi eu l'occasion de tester les gels sur les sorties de deux heures, il y a surement plus naturel mais je dois dire que je trouve que ça donne vraiment un coup de fouet et ça me permet de finir une sortie de deux heures en ayant l'impression de pouvoir en faire plus. A partir de début juin je compte favoriser les sorties d'une heure trente, avec 24h de repos plutôt que les sorties de 2h qui nécessitent 48h de repos... Voilà voilà je fais ça un peu à ma sauce en écoutant mon corps mais j'ai déjà l'impression d'être plus résistante à l'effort, mon corps "encaisse" mieux ce que je lui demande. Je redécouvre vraiment l'entrainement et je dois dire que j'adore ça! J'espère prendre autant de plaisir à courir le trail qu'à le préparer!

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    2. Il n'y a pas de raison que tu ne prennes pas de plaisir avec l'entrainement que tu prévois. Tu fais bien de parler de ce plaisir, qui doit rester prioritaire avant tout. Imagine si on partait courir ces 27 km à contrecœur pendant près de 3 heures... Et la semaine d'avant, repose-toi bien, ce n'est pas bien grave si tu en restes à ta SL du WE d'avant sans recourir dans la semaine. Faire dodo les jours d'avant, c'est super important aussi.

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  3. J ai longtemps pratiqué le cross devenu Trail à haut niveau et j ai de longs trails derrière moi. J ai plus eu l habitude des trails à l étranger mais j aime lire et voir des beaux reportages sur le territoire français . En plus le trail est nettement moins violent pour les articulations que le running sur bitume qui flingue les genoux et bousille la santé ( je pourrais en parler : le sport m a bousillée , et le running plus particulièrement parce que l on ne peut malheureusement pas continuellement s entraîner sur des terrains escarpés . Il faut contre balancer .) bien sur in ne fait pas que de la course , on se muscle , on nage pour s allonger et on fait aussi énormément de pilates , et de massages ( et ca , ça me tue quand je lis qu énormément de sportifs -pas de haut niveau - oublie l importance des massages chez le Kiné . Je trouve que c est un des gros problème , qui est de loin vraiment occulté : n aller se faire masser , ou consulter son Kiné ou un podologue posturologue que pour changer ses semelles , faire vérifier ses appuis , ses blessures ne doit pas être une fin mais tout ce qui entoure l avant Trail . Et l après bien sûr . Bon je divague , mais le sport de haut niveau m a bousillée ( j en faisais 2 en équipe nationale : Cross et natation , et honnêtement quel gâchis !!! Mais je reste bien plus admirative quant au cross et Trail . On voit de sublimes paysages et les changem lents de rythme fatigue moins les tendons et articulations . Tu cours avec quels crampons tes trails ? As tu déjà pensé à faire celui de la réunion ? Merci pour ce bel article et les magnifiques photos . Et si je peux me permettre : abuse des saunas , hammans qui sont géniaux post courses pour detoxifier le corps , et si tu peux vraiment coupler cela a du pilates sur machines et surtout à de la natation, tu te préserveras des douleurs chroniques horribles et des chirurgies qui quelques décennies plus tard sont légions . J ai lu que tu avais une excellente hygiène de vie . Je me permettrais de te donner juste un petit conseil pour bien connaître ces sports : consulte régulièrement un podologue posturologue et un ophtalmologie et un orthoptiste. On ne se rend pas compte , mais la posture est primordiale et elle dépend des dents , de la vue ( donc déceler des problèmes de convergence ou divergence est impératif car cela entraîne un déplacement du centre de l équilibre et donc a fortiori des blessures à plus ou moins long terme ...). Et surtout , toujours faire des massages le plus possible toujours chez un Kiné posturologue mezieriste ( et ca c est le plus important car les sportifs dissocient totalement le corps de l esprit . Or la méthode meziere ou une autre méthode dites de chaînes est la meilleure méthode pour éliminer les micro tensions qui s inscrivent dans les facias. Et travailler les tissus que sont les facias est indispensable pour faire sauter les lésions ). Un simple exemple de chaînes ascendante . On considère le corps fait de chaînes . Quand un maillon saute ( une lésion ou micro lésion c est un chaînon qui saute )et donc des douleurs vont survenir et c est là qu il ne faut absolument pas tarder à consulter un Mezieriste ( peux nombreux au grand désespoir de beaucoup d entre nous ) qui va lui faire sauter les tensions . Et là où le trauma est vicieux c est que là où l on ressent la douleur ne veut absolument pas dire que la lésion se trouve ici .

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  4. Un exemple tout bête : des maux de crânes horribles ( après étude posturologuque , vue et dents ) proviennent souvent chez les gens qui pratiquent le Trail et le cross de tensions au niveau des pieds et plus particulière pb des orteils ( souvent du gros ). Un Kiné de base pourra passer des heures à chercher il ne trouvera rien et les douleurs ne feront qu empirer . Personnellement et comme beaucoup de sportifs de haut niveau bien cabossé nous avons fait une croix sur les Kiné fonctionnels pour les kines pratiquant la méthode des chaînes (Mme meziere étant la plus connue , mais il en existe d autres ). Je voulais juste faire un apparté car comme beaucoup je paie chèrement ma retraite sportive ( je suis à 22 chirurgies en 4 ans et c est pas fini ...) . On cultive tout le côté sportif mais sans s en rendre compte , et quand on arrive à ton niveau qui n est pas mal , surtout si tu as des enfants et que tu désires plus que tout pouvoir t en occuper le plus simplement - repas , bains etc - ou même sans enfants , pouvoir continuer une vie plus douce , c est maintenant et après qu il faut investir si ce n est plus , tout ce qui va chouchouter ton corps . Et des professionnels sont là . Le hic trouver les bons .... Merci de m avoir fait revivre des sensations plaisantes alors qu elles sont plus douloureuses ( surtout en nombre ) psychologiquement . J aurais aimé que mes entraîneurs ne me considèrent pas comme une machine à temps et performances ... Parce qu une fois hors jeux , eux ils se fichent de tout le parcours horribles des centres hospitaliers , des chirurgies , des unités de la douleur , des centres de rééducations ... On devrait apprendre même très jeune ( j ai commencé à 6 ans ) à se chouchouter , s écouter , pas uniquement à apprendre comment expliser des scores et pousser à bout la " machine".... Merci pour ce beau reportage .... Et excuse moi pour la tartine mais si j ai pu juste allumer une petite lumière ... Ah et pratiquez l acupuncture avec un professionnel tel un guide qui jalonne par sa philosophie et qui aide à rassembler la tête et le corps quand on pratique le sport intensif c est indispensable . Tout comme la méditation et la relaxation .... Merci encore .
    Désolée pour les fautes , j écris via l appli et c'est difficile de se relire sans ripper sur "envoyer " lors de la correction !!!!

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